Migrations Un défi pour la solidarité un enjeu pour la FSU

juin 20, 2025 · 3 min. de lecture

Migrations : Un défi pour la solidarité, un enjeu pour la FSU

Le 16 juin 2015, lors de l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle de l’année suivante, Donald Trump ciblait ainsi les immigrés : « Ils importent de la drogue, commettent des crimes, sont des violeurs. Et quelques-uns, j’imagine, sont des gens bien. ». Ce genre de propos lui a permis d’être élu. Deux fois.
A ces discours, dignes des rhétoriques fascistes de l’entre-deux-guerres, s’ajoutent les décisions et lois de l’Europe et des États-Unis qui se barricadent, priorisant la protection des frontières et le contrôle migratoire au détriment de la protection des vies humaines. De fait, les frontières européennes sont repoussées de plus en plus loin, ce qui conduit les migrants à prendre chaque fois plus de risques.

Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), plus de 67000 personnes sont mortes ou disparues sur les routes migratoires entre 2014 et septembre 2024, un chiffre en constante augmentation. La Méditerranée est devenue la mer la plus meurtrière au monde. Et ces chiffres demeurent incertains, ne reflétant qu’une partie de la réalité. La grande majorité des corps des personnes décédées en migration, lors d’un naufrage notamment, ne sont jamais retrouvés. Le Comité des Nations Unies sur les disparitions forcées souligne que les politiques migratoires rigides et militarisées contribuent indirectement à la disparition de migrants, contraints d’emprunter des itinéraires de plus en plus dangereux. Les opérations de Frontex se concentrent sur la lutte contre les passeurs et l’immigration irrégulière, reléguant le sauvetage au second plan. [IMAGE: migrant.jpg]

La stigmatisation des personnes migrantes

En France et en Europe, le débat public est souvent dominé par des discours anxiogènes et des politiques restrictives, alimentant la stigmatisation des personnes migrantes, fragilisant la solidarité et les droits humains. Loin d’arrêter les flux migratoires ou de permettre un meilleur accueil dans les pays européens, ces politiques n’ont aucune considération pour la réalité des populations qui sont souvent dans l’obligation de migrer et qui voient leurs conditions d’exil s’aggraver.

Les migrations posent des défis importants pour le mouvement syndical. Dans ce contexte de mondialisation libérale, il est impératif de réaffirmer la solidarité internationale et la nécessité d’harmoniser les droits sociaux au niveau mondial. Cela implique de défendre les droits de tous les travailleurs, sans distinction de nationalité ou de statut, en garantissant l’accès à l’emploi, à la formation, à la protection sociale, à la santé, au logement et à l’éducation.

L’action de la FSU

Il est également crucial de lutter contre toutes les formes de discrimination et de racisme, de régulariser les personnes sans-papiers pour leur permettre de vivre et de travailler dignement, d’accueillir les réfugiés dans le respect du droit international et de promouvoir une politique migratoire fondée sur les droits humains et la coopération internationale. Ce dossier a pour objectif à la fois de comprendre les conséquences des politiques européennes sur les populations contraintes de migrer, comme de mettre en lumière la parole de militantes et militants qui s’engagent autour et avec les migrantes et migrants.

Les migrations sont un défi majeur pour nos sociétés, mais elles sont aussi une chance de construire un monde plus juste, plus solidaire et plus ouvert. La FSU, forte de ses valeurs et de son histoire, a un rôle essentiel à jouer dans ce combat. Ce dossier se veut une contribution à la réflexion et à l’action. Il est temps de changer de cap et de construire une société d’accueil, où chacun·e, quelle que soit son origine, puisse vivre dignement et pleinement sa citoyenneté.

Pour paraphraser Sébastien Cabot, l’internationalisme peut (doit) se réinventer.

Nina Palacio l

ENJEUX
Auteurs
Revue d’unité action
Pour Unité et Action, l’enjeu est de construire des formes d’action qui en permettant de faire progresser le quotidien des salarié.es, des agent.es, des retraité.es, permet également d’ouvrir la voie à une vraie dynamique de transformation sociale de progrès et de justice.