Énergie et écologie des enjeux géostratégiques

juin 20, 2025 · 3 min. de lecture

Énergie et écologie des enjeux géostratégiques

Les décisions politiques prises par l’administration Trump depuis l’élection du 20 janvier constituent des attaques sans précédent contre la démocratie, le droit international et la science, en particulier sur les sujets climatiques et environnementaux. Ils annoncent une politique impérialiste au fonctionnement totalitaire, qui fait des énergies carbonées et des matières premières le nerf de la guerre. Dans ce contexte, l’indépendance énergétique et la sobriété écologique doivent devenir des enjeux géostratégiques majeurs pour l’Europe.

La guerre de l’énergie et des matières premières

Les annonces expansionnistes de Trump s’intègrent dans une stratégie de la relance forcenée du forage et de l’extractivisme, qui menacent autant la politique internationale que le climat. Avant d’annoncer un retrait total de l’aide militaire à l’Ukraine, Trump a voulu imposer à Zelensky un traité inéquitable d’exploitation des minéraux stratégiques. Mais le président américain deale directement avec Poutine sur l’avenir et les ressources minières du pays. Ses visées expansionnistes sur le Groenland et le Canada, qu’il envisage avant tout comme des eldorados de métaux, de terres rares et de produits pétroliers et gaziers, déstabilisent encore davantage les relations internationales. [IMAGE: geopolitique.jpg]

Dépendances européennes

Le continent européen reste sous la coupe d’une large dépendance énergétique. Certes, les importations directes d’énergie fossile russe ont drastiquement diminué, mais l’UE a tout de même acheté en 2024 pour 22 milliards d’€ d’hydrocarbures russes. L’Europe importe aussi massivement du gaz naturel liquéfié (GNL) américain, et reste largement dépendante des États-Unis pour les produits pétroliers. Par ailleurs, l’approvisionnement en matériaux dits critiques (terres rares etc.), utilisés notamment pour la production d’énergies renouvelables, pose aussi des problèmes d’indépendance stratégique.

En France, un mix énergétique encore largement fossile

Si la France produit la majeure partie de son électricité par les énergies nucléaires et renouvelables, 2/3 de la consommation d’énergie finale dépend toujours de combustibles fossiles importés : pétrole (environ 40%), gaz naturel (20%), charbon (moins de 1%). Le gouvernement finalise actuellement la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Deux grands objectifs pour 2030 : faire baisser d’1/3 la consommation énergétique française (par rapport à 2012) et passer de 60% d’énergie fossile importée en 2023 à 60% d’énergie bas carbone en 2030. Mais la décarbonation de la production progresse plus rapidement que la décarbonation des usages, ce qui provoque un risque de surproduction d’électricité, et donc d’effondrement des prix. Plutôt que d’encourager l’électrification, la PPE3 choisit de freiner le soutien au solaire, à la mobilité électrique et à la rénovation des bâtiments. Ces renoncements prennent le risque de déstabiliser les filières concernées, en termes d’investissement et d’emploi, mais aussi d’indépendance énergétique. [IMAGE: energie_france.jpg]

L’écologie et la sobriété énergétique : des leviers stratégiques ?

Dans le contexte actuel, les enjeux énergétiques et écologiques deviennent inéluctablement stratégiques. La sobriété rendrait nos sociétés moins dépendantes de politiques autoritaires. La lutte écologique, protéger les populations par la stabilisation du climat et la sécurisation des approvisionnements (alimentaires, énergétiques, en matériaux), est un enjeu aussi démocratique et social que géopolitique. Faut-il dans ce contexte espérer un sursaut des États européens ? Au contraire, la seule réponse envisagée est pour l’instant une militarisation des budgets qui se ferait aux dépens du modèle social, et de l’écologie. Des alternatives restent possibles !

Cyril Verlingue, Valérie Sipahimalani

ENJEUX
Auteurs
Revue d’unité action
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