Résolument, imposer les alternatives

juil. 5, 2025 · 3 min. de lecture

Résolument, imposer les alternatives

Tel un tourbillon, les annonces politiques s’enchaînent, émanant tantôt du Président, tantôt du Premier ministre, tantôt d’un ministre. Peu importe le sujet, ce qui compte, c’est de maintenir un climat anxiogène, quitte à faire passer au second plan les crimes commis en Palestine ou la guerre en Ukraine.

Un leitmotiv guide toutes ces annonces : celui de la dette et des économies à rechercher à tout prix. Enfermés dans leurs dogmes néolibéraux, Président de la République et gouvernement utilisent tous les prétextes pour poursuivre leur « politique de l’offre » pour assurer des baisses d’impôts faramineuses pour les 10% les plus riches et les grandes entreprises. Selon le rapport d’ATTAC de mars 2025 (La dette de l’injustice fiscale), le manque à gagner des mesures prises depuis 2014 s’élève à 454 milliards d’euros en cumulé… Une paille ! Sur la même période, les inégalités se sont creusées et les dividendes versés par les grandes entreprises ont explosé. Alors que les dépenses sont restées stables sur la période, les solutions pour financer les besoins sociaux sont à rechercher du côté des recettes. À mille lieues de cette évidence, le Premier ministre affirme que la situation des finances publiques serait due au fait que les Français ne travailleraient pas assez et seraient trop souvent malades. Affirmer cette ineptie sous l’adage « la vérité permet d’agir » permet de mesurer le degré de provocation ou de déconnexion avec le réel. Ou encore : de fabrication du récit à imposer pour justifier le moins de répartition et de justice possible…

Les conséquences des politiques libérales

Il faut cependant reconnaître que les mesures prises sont redoutablement efficaces pour donner plus aux actionnaires et au patronat des grandes entreprises et des multinationales. En revanche, les conséquences de telles politiques sur le plus grand nombre provoquent, avec l’aggravation des inégalités, du déclassement social, du repli sur soi, des tensions fortes dans la société et finissent par menacer la cohésion sociale. La progression des idées d’extrême droite en est l’illustration en même temps que le pendant. Tout cela confirme s’il en était besoin que la théorie du ruissellement est un leurre. Par contre l’affaiblissement des services publics et de la protection sociale qui sont deux piliers de notre société est bien réel. Ils sont pourtant essentiels dans le rôle de répartition et de redistribution des richesses produites pour qu’elles profitent au plus grand nombre, mais surtout à l’intérêt général. Cette action résolue porte un nom, il s’agit de l’impôt, vecteur essentiel du partage des richesses et ennemi des gouvernements libéraux.

Construire des alternatives

Mais le libéralisme économique, pas plus que la montée de l’extrême droite ne sont inéluctables. L’un se nourrit de l’autre comme on peut le constater dans de nombreux pays, à commencer par les États-Unis ou l’Argentine. Pour Unité et Action, c’est par la construction d’actions majoritaires qu’il sera possible de redonner espoir et de mettre un terme aux politiques libérales en même temps qu’au péril de l’extrême droite. Le 1er mai a été l’occasion d’affirmer notre solidarité avec les peuples victimes des guerres et de l’oppression, à commencer par les peuples palestinien et ukrainien, l’occasion de réaffirmer que la Paix est la condition du progrès social. Dans cette idée, il doit également donner l’élan pour construire la mobilisation du 13 mai dans la fonction publique. Alors que le gouvernement est minoritaire et qu’il ne tient que grâce à la tutelle de l’extrême droite, il faut partager la conviction que d’autres « possibles » sont à notre portée. C’est ainsi que nous pourrons décider nos collègues à se mobiliser massivement. Pour Unité et Action, c’est au monde du travail de construire l’histoire.

Emmanuel Mercier, Rachel Schneider

ENJEUX
Auteurs
Revue d’unité action
Pour Unité et Action, l’enjeu est de construire des formes d’action qui en permettant de faire progresser le quotidien des salarié.es, des agent.es, des retraité.es, permet également d’ouvrir la voie à une vraie dynamique de transformation sociale de progrès et de justice.