Vase brune sur le Rhône

juil. 6, 2025 · 3 min. de lecture

Vase brune sur le Rhône

La ville de Lyon, si elle résiste à la poussée du vote pour le RN, a une longue histoire de présence de groupuscules parmi les plus violents.

Contexte favorable à l’extrême-droite à Lyon

Cette histoire s’explique par un contexte favorable, avec la présence de nombreux théoriciens de l’extrême-droite dans ses facultés au fil du temps, en particulier à Lyon III, permettant une formation intellectuelle des différentes mouvances et une implantation dans le milieu étudiant. Mais à ces éléments s’ajoute une présence très importante de l’extrême-droite dans les milieux ultra et hooligan lyonnais qui est ainsi à même de fournir des troupes pour des actions violentes.

En parallèle, dans le département du Rhône, la droite « classique » a toujours montré une forme de porosité avec l’extrême-droite, comme l’a très bien illustré l’épisode Charles Millon en 1998 qui avait réussi à trouver des soutiens dans notre département dans sa ligne d’alliance avec le FN pour conserver la majorité régionale.

Développement des groupuscules depuis 2010

Depuis les années 2010, nous avons connu sur Lyon le développement de nombreux groupuscules qui ont parfois ensuite essaimé dans la région ou plus loin. En effet, c’est dans notre ville que « Génération Identitaire » a développé ses tactiques d’implantation à partir de locaux associatifs ou que le GUD s’est mué en Bastion Social sous l’influence de la Casapound Italienne. Une grande partie des actes de violence dans notre ville (attaques de manifestations ou de locaux politiques ou syndicaux, agressions racistes, homophobes ou politiques, actions coup de poing médiatiques…) s’expliquent par une forme de concurrence par la surenchère entre ces deux mouvances, identitaires d’un côté et nationalistes révolutionnaires de l’autre.

L’implantation dans le Vieux Lyon

Les deux mouvances ont aussi tenté de s’implanter durablement dans un quartier de la ville : le vieux Lyon. Les différents locaux de ces groupes ont ainsi servi de base arrière pour des agressions et cela s’est aussi traduit par des dégradations et campagnes de pression à l’encontre de différents lieux ou personnalités du quartier : dégradations sur la MJC du Vieux Lyon, attaques contre la Maison des Passages, un local associatif et politique dont la dernière attaque lors d’une réunion du collectif Palestine avait eu un écho médiatique important, mais aussi menaces contre l’Horloger de Saint-Paul, une figure du quartier dont le local est à proximité de la Traboule et de l’Agogé, le bar et la salle de boxe des Identitaires.

La réponse unitaire des organisations

Face à cela, les organisations syndicales, associatives et politiques ont été forcées de s’unir et de travailler ensemble. Ainsi, le milieu militant lyonnais progressiste a l’habitude de travailler en unitaire très large et cette habitude a essaimé au-delà de la question de l’extrême-droite sur la quasi-totalité des combats de société. L’inter-organisation, sur la question des locaux fascistes de notre ville, a fait un énorme travail de veille, de recueil d’informations, d’alerte des bailleurs et des pouvoirs publics et de mobilisation, permettant la fermeture de nombreux locaux. C’est aussi dans ce cadre que des formations communes de sécurisation des manifestations se sont mises d’abord en place, pratique qui s’est développée ensuite dans les différents collectifs, notamment féministes. Du point de vue purement syndical, les habitudes de travail en commun de la FSU, de la CGT et de Solidaires ont tendance à pacifier les intersyndicales et ont permis la création à la rentrée 2024 de VISA 69 pour mutualiser nos forces pour permettre de lutter contre les idées d’extrême-droite sur les lieux de travail. Dans l’adversité, les organisations ont tendance à oublier les sujets qui divisent pour avancer dans l’unité et la FSU 69 a toujours eu un rôle central dans le maintien de cette unité !

François Jandaux, secrétaire départemental de la SD 69 Rhône

ENJEUX
Auteurs
Revue d’unité action
Pour Unité et Action, l’enjeu est de construire des formes d’action qui en permettant de faire progresser le quotidien des salarié.es, des agent.es, des retraité.es, permet également d’ouvrir la voie à une vraie dynamique de transformation sociale de progrès et de justice.