Ne pas abandonner... Résister

juil. 6, 2025 · 4 min. de lecture

Ne pas abandonner… Résister

Se former contre l’extrême-droite Strasbourg 4 avril 2025

Suite à la forte poussée du vote extrême-droite en Alsace, la FSU Alsace a organisé le 4 avril 2025 un stage réunissant 104 collègues, principalement des enseignant·es, pour les informer et les outiller sur les mécanismes mis en place par l’extrême-droite pour tenter d’accéder au pouvoir et des conséquences pour les agent·es La journée a permis d’aborder la progression de l’extrême-droite en France et les luttes en cours ainsi que les techniques utilisées par les extrêmes-droites pour normaliser leurs idées. L’intervention de Valérie WOLFF (SNICS FSU 67) sur l’EVARS a permis de montrer les angles d’attaque de l’extrême-droite contre l’égalité femmes / hommes. Voici une synthèse des interventions de Stéphane Tassel et Vincent Edin

Ne pas abandonner le champ des valeurs, c’est déjà commencer à résister.

L’Ancrage de l’Extrême-Droite

Loin d’être un phénomène isolé, le vote extrême-droite est bien ancré dans notre pays. La lame de fond est bien réelle et n’a aucun équivalent (présence systématique au 2nd tour depuis 2012). Aucun secteur, aucune frange de la population n’est épargnée et le vote extrême-droite progresse également dans la fonction publique. Si les raisons de ce choix sont différentes selon les régions de France (F. Faury Des électeurs ordinaires et B. Coquard Ceux qui restent) l’extrême-droite s’adapte et « met sur la table » ce qu’il faut pour emporter le maximum de voix. Il ne s’agit plus aujourd’hui d’un vote contestataire ; l’acte de mettre un bulletin extrême-droite dans l’urne se propage avec une forme d’adhésion. Certains des arguments invoqués comme la critique des élu·es, la demande de plus d’autorité ou de démocratie directe ne devrait objectivement pas amener à un tel vote, or l’extrême-droite se présente comme réceptacle de la colère sociale et est capable de se camoufler. En 2026, les municipales pourraient acter une nouvelle déflagration.

L’Internationale Nationaliste et son Financement

Il existe une internationale nationaliste financée par des milliardaires, les mêmes qui ont financé les campagnes du Brexit, de Trump ou Bolsonaro et qui réclament une « ubérisation » tous azimuts (ex Amazon : pas de droits, pas de syndicats, juste la rentabilité). En France, la dédiabolisation de l’extrême-droite fonctionne, portée par une communication bien rodée et une stratégie caméléon. Elle n’effraie plus, elle séduit. Et elle bénéficie d’un appui médiatique et financier sans précédent : Bolloré construit un empire idéologique (chaîne TV CNews, Europe 1, maison d’édition Fayard, institut de sondage CSA, agence de pub Havas, Boutique Relay, Journal JDD, Think Tanks), façonne les récits dominants, invisibilise les contre-discours. L’accès à une information pluraliste est gravement menacé. Déjà une partie de la population n’a plus accès qu’à l’information Bolloré et est dans la désinformation permanente.

Détournement du Vocabulaire et Batailles Culturelles

L’extrême-droite s’appuie aujourd’hui sur une défiance de plus en plus forte de la justice française qu’elle amplifie en la traitant de laxiste, partiale et politisée. Sans aucun corpus idéologique, elle propose un discours attrape-tout fait de passions tristes dans lesquels la forme tient lieu de fond. On observe également un détournement du vocabulaire pour mener des batailles culturelles. Ainsi Marine Le Pen reprend les thématiques du climat, de la lutte contre l’antisémitisme, du féminisme pour notamment instiller l’idée que les responsables des violences sexistes et sexuelles seraient les personnes migrantes ou racisées à travers le collectif Nemesis soutenu par Stérin (et son dangereux projet Périclès). Parallèlement, l’extrême-droite invente et utilise des concepts creux comme l’islamo-gauchisme, le wokisme, l’écoterrorisme (aidée par le gouvernement Macron…) et les dresse en épouvantails.

Les Piliers de la Démocratie et la Riposte

La démocratie est solide grâce aux médias de presse libre : pour contrer, à la justice : pour juger et la science : pour prouver (Anna Arendt “ Du mensonge à la violence ”). C’est à ces trois piliers que l’extrême-droite s’attaque pour gagner. Il s’agit donc d’intégrer ce qu’ils sont pour les combattre. Notre lutte doit porter sur deux axes : celui des valeurs et celui des réponses sociales. Dénoncer ne suffit plus. Il faut reprendre le terrain des idées, revaloriser l’action publique, reconstruire un récit commun, syndiquer.

Redonner Sens à l’Action Collective

L’extrême-droite prospère là où le politique n’apporte plus de solutions. Redonner sens à l’action collective, à la justice sociale, à la solidarité : voilà le chantier (lire à ce propos, Résister de Salomé Saqué).

Valérie Poyet, secrétaire départementale de la FSU 68, membre du collectif natiional d’animation UA-FSUl

ENJEUX
Auteurs
Revue d’unité action
Pour Unité et Action, l’enjeu est de construire des formes d’action qui en permettant de faire progresser le quotidien des salarié.es, des agent.es, des retraité.es, permet également d’ouvrir la voie à une vraie dynamique de transformation sociale de progrès et de justice.