Droit et Peuples : Face à la Guerre et à la Brutalisation

La question du droit et la question des peuples
« Je tiens à remercier tout le monde, et, en particulier, Dieu, je tiens à dire que nous t’aimons, Dieu, et que nous aimons notre formidable armée. Protégez-les. Que Dieu bénisse le Moyen-Orient. Que Dieu bénisse Israël et que Dieu bénisse l’Amérique ». Comme une démonstration que les trois monothéismes peuvent parfois se retrouver, instrumentalisés au service de la guerre…
C’est en effet la conclusion de Trump après l’entrée directe en guerre des États-Unis contre l’Iran ce 21 juin, après l’attaque de trois sites nucléaires iraniens par les bombardiers américains. Rappelons que le congrès n’a pas été consulté avant ces frappes. Au-delà des risques immenses que représente la destruction de sites nucléaires, dont l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) a récemment rappelé l’interdiction… Cette nouvelle étape ne peut que nous saisir d’effroi.
L’avocate prix Nobel de la Paix, Narges Mohammadi, résume bien la situation, en parlant des « propagandes et récits des belligérants qui s’affrontent dans une séquence surréaliste ». Le bombardement de la prison d’Evin par Israël, alors que s’y trouvent enfermé·es les militant·es de « Femmes, Vie, Liberté », ainsi que nos collègues Cécile Kohler et Jacques Paris, est une horreur, c’est un crime de guerre. Et il est emblématique de la propagande en question, avec des médias français répétant l’importance pour Israël de s’attaquer au « symbole de la dictature iranienne », tout en assassinant des prisonnier·es politiques, espoirs d’un Iran démocratique. Nous citons la prix Nobel iranienne car, tout en gardant la juste mesure de ce que nous pouvons faire, les mots que nous choisissons d’employer comptent dans l’évolution générale de la situation. Elle nous rappelle que les questions importantes sont la question de la légalité, et la question des peuples (de ce qu’ils subissent).
Impérialisme et Diversion
L’impérialisme occidentalo-israélien vise aussi, par la guerre contre l’Iran, à détourner l’attention de Gaza. Peut-être aussi parce que les convergences des sociétés civiles et des ONG, pour stopper la guerre colonialiste et génocidaire, ne peuvent plus être ignorées : marches et convois se succèdent. La FSU a été présente à toutes les étapes de la marche pour Gaza depuis nos villes du Nord : tous nos remerciements vont aux militant·es qui ont assuré la présence de la FSU jusqu’à Bruxelles.
Droit et Brutalisation en France
En France, le droit l’emporte encore : ainsi de l’invalidation d’une part très importante de la Loi Attal contre la justice des mineurs. Même si la brutalisation en cours doit nous alerter : c’est ce que l’historien Ilan Pappé pointe du doigt, quand il explique que la société israélienne ne peut que courir à sa perte, parce que c’est devenu une société d’une très grande brutalité, dans ses rapports sociaux, pas seulement dans la déshumanisation des « autres ».
Nous avons la responsabilité importante de continuer à nous opposer à la brutalisation des rapports sociaux en France, qui va jusqu’aux « rafles de Sans-Papiers », annoncées par Retailleau pour imiter ce qui se passe aux États-Unis.
Stratégies Syndicales et Perspectives
La situation générale ne doit pas nous sidérer, nous devons réfléchir, comme toujours, aux stratégies syndicales à construire, aux expressions et perspectives même si la situation est lourde de menaces. Et il faut aussi continuer, face à la situation au Moyen-Orient ou en Ukraine, à construire des positionnements intersyndicaux, les plus larges possibles. Contre vents et marées, dans les questions internationales comme dans la vie des travailleuses et des travailleurs, le syndicalisme est porteur du droit à l’existence.
Rachel Schneider, Emmanuel Mercier l