Convergences des luttes féministes et LGBTQIA+ contre le patriarcat

Convergences des luttes féministes et LGBTQIA+ pour mieux combattre le patriarcat
Le patriarcat est un système d’exploitation et d’oppression coercitive fondé sur la domination masculine : c’est un cadre structurant qui traverse toutes les sphères de nos sociétés - du monde du travail à la sphère privée, de l’école à l’espace public - et qui organise la hiérarchisation des sexes, des sexualités, et des identités de genre. Dans cette configuration, les luttes féministes et les luttes LGBTQIA+ sont intimement liées au sens où elles combattent le même système oppresseur et partagent un même objectif : déconstruire un ordre social inégalitaire fondé sur la classe sociale, l’hétéronormativité (ou l’hétérosexualité) et le colonialisme. Face aux multiples formes d’oppression et à leur imbrication, il est aujourd’hui essentiel d’adopter une approche intersectionnelle des analyses comme des luttes. Les violences sexistes et sexuelles, la lesbophobie, la transphobie, le sexisme au travail, la précarisation des femmes et personnes LGBTQIA+, ou encore la surcharge mentale ne sont pas des réalités isolées, mais les manifestations diverses d’un même système d’oppression. Combattre le patriarcat implique donc de prendre en compte toutes les dimensions de cette domination, et de ne laisser personne de côté. Lutter efficacement, c’est reconnaître que ces discriminations s’entrecroisent et exigent des réponses solidaires et inclusives. Dans le monde professionnel, les discriminations ne se limitent pas aux inégalités salariales entre hommes et femmes cisgenres. Les personnes trans et non binaires, racisées, les lesbiennes, ou les gays et plus largement toutes celles et ceux qui s’écartent des normes dominantes, font également face à des obstacles spécifiques : plafond de verre, stigmatisations, précarité accrue. Pour répondre à ces enjeux, il est indispensable que les institutions, et en particulier l’école, s’engagent dans une éducation inclusive, fondée sur le respect de toutes les identités et la déconstruction des stéréotypes. L’égalité réelle passe par la reconnaissance des oppressions croisées et par des politiques qui prennent en compte cette complexité. Les luttes féministes, anti racistes et LGBTQIA+ portent des histoires, des formes, et des revendications spécifiques, mais elles partagent une même volonté de transformation sociale. Ce sont aussi des espaces d’alliances essentielles, où se construit une solidarité capable de remettre en cause les rapports de pouvoir qui traversent notre société. Pour la FSU, engagée de longue date pour l’égalité dans ses dimensions syndicale, éducative et militante, il est plus que jamais nécessaire d’articuler ces luttes de manière cohérente. Intégrer pleinement les combats LGBTQIA+ dans une perspective féministe, c’est refuser toute hiérarchie des luttes et œuvrer à une émancipation véritablement inclusive, qui ne laisse personne de côté.
Agir toute l’année : mobilisations et visibilisation des luttes
L’engagement contre le patriarcat doit se déployer dans la durée, sur tous les terrains. Si certaines dates permettent de cristalliser les énergies, de rendre visibles les combats, et de fédérer les forces, elles doivent aussi s’inscrire dans une stratégie de mobilisation continue. Chaque moment de lutte est une opportunité pour affirmer notre présence syndicale, féministe et LGTBQIA+ queer sur le terrain. Mais au-delà de ces mobilisations, la FSU doit également participer à former syndicalement sur les questions de genre et de sexualité, lutter contre les discriminations au travail, être un soutien inconditionnel aux victimes de violences sexistes et sexuelles. L’engagement féministe et LGBTQIA+, comme l’engagement anti-raciste est un enjeux fort du syndicalisme de transformation sociale. Face aux offensives d’extrême droite et de leurs alliés réactionnaires qui tentent de remettre en cause les droits conquis de haute lutte et d’institutionnaliser les discriminations, il est urgent que le plus grand nombre de militant·es s’emparent aussi de ces combats. La convergence des luttes est une stratégie de résistance mais aussi d’émancipation. Dans ce combat, l’Éducation des jeunes est aussi un levier très important. La FSU a obtenu une victoire indéniable en se mobilisant fortement pour gagner des programmes sur l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Elle poursuivra son action syndicale déterminée pour rendre effectives les séances et gagner des moyens afin que chaque élève à tous les niveaux puissent en bénéficier.
Agir dès la rentrée : mobilisations et lutte contre les violences sexistes et sexuelles et pour nos droits !
La rentrée syndicale marque un temps fort pour réaffirmer notre engagement contre les violences sexistes et sexuelles, au cœur de notre combat féministe et syndical.
De septembre à décembre, plusieurs dates clés jalonnent notre agenda militant, et doivent servir de leviers pour visibiliser nos revendications et ancrer l’action dans la durée.
Dès le 28 septembre, la Journée internationale du droit à l’avortement nous rappelle que l’accès à l’IVG reste inégal sur le territoire du fait du démantèlement des services publics. Fin octobre, la quinzaine de la visibilité intersexe nous permet de faire savoir qu’elles subissent encore trop souvent des mutilations.
Le 20 novembre, la Journée du souvenir trans (TDOR) nous appelle à agir contre la transphobie, et à porter la voix des personnes les plus exposées à la violence. Enfin, la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, le 25 novembre, constitue un temps fort incontournable de mobilisation. Elle doit être l’occasion de rappeler l’ampleur des violences sexistes et sexuelles, notamment dans le monde du travail et au sein des institutions éducatives.