Les projets de budget, de simples questions mathématiques ?

Le problème budgétaire et les choix politiques
Lorsqu’un problème émerge, la recherche de la solution passe par une analyse des causes de son émergence pour le résoudre. L’équation semble simple dessinée à grands traits : 3 300 milliards de déficit public à mettre en regard avec 211 milliards d’aides publiques aux grandes entreprises sans contrepartie…
Il suffirait donc de diminuer ces aides pour réaliser les 40 milliards d’économies recherchées par le gouvernement. Raisonnement certes simpliste mais qui dessine une orientation.
L’idéologie derrière le déficit
Toutefois, quand on est un ultralibéral, ce déficit, plus qu’un problème est une aubaine. Une occasion de détricoter encore plus l’État social. La solution vise alors à s’attaquer aux prestations sociales, aux retraites, aux travailleurs (qui ne travailleraient pas assez), aux services publics et à la Fonction publique… pour avancer vers une marchandisation des services et pressuriser davantage une grande partie de la population…
Colère sociale et aspirations pour un autre modèle
La réponse au problème est donc plus dépendante de l’idéologie que l’on porte et que l’on veut promouvoir que simplement « mathématique ». Le projet de budget 2026 porté par le gouvernement Bayrou suscite une grande colère sociale et des mobilisations (les 10 et 18 septembre dans un plan d’action plus large) se construisent pour le contrer.
L’appel à la mobilisation syndicale
Le chemin emprunté n’est pas le bon et l’exigence d’un tout autre projet de budget, d’un tout autre projet de société se fait une nouvelle fois entendre. Continuer à faire la sourde oreille comme c’est le cas depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir ne fait qu’accentuer les fractures sociales et le rejet du politique tout en faisant le lit de l’extrême droite qui surfe sur ces colères. La voix des travailleurs dans ce contexte est d’importance et les mobilisations massives sur la base de revendications claires portées par une intersyndicale la plus large possible doivent permettre les réorientations attendues, pour peu que les partis politiques de gauche s’en emparent pour dessiner un avenir plus juste.
Benoit Hubert