Syndicalisme en temps troubles

Certes la séquence est dominée par le politique, au sens partisan du terme. Un macronisme, vieux avant l’âge et finissant là où il devait tomber, dans un conservatisme étroit, l’absence de majorité parlementaire, des gauches qui se cherchent, se jaugent et s’affrontent quitte à s’unir en cas en nécessité électorale, des droites toujours plus solubles dans une extrême droite gourmande autant qu’à l’affût : qui ne voit l’immense responsabilité du syndicalisme à défendre les droits des travailleurs et le droit du travail, ainsi que les libertés démocratiques, sans lesquelles la tâche deviendrait trop lourde, voire impossible.
Forces et faiblesses du syndicalisme français
Oui le syndicalisme en France présente des faiblesses, des insuffisances : trop peu de syndiqués pour trop de syndicats, le dilemme constante entre nécessité de l’unité pour gagner sur les revendications et tentation du repli identitaire dans une logique de concurrence électorale savamment entretenue par le pouvoir, public comme patronal.
Et pourtant le syndicalisme, et notamment la FSU, est bien vivant, actif et reconnu par le monde du travail, comme en témoignent les immenses mobilisations de 2023 sur les retraites. Le mouvement n’est pas pour le moment vainqueur, mais qui ne voit la défaite idéologique de celles et ceux qui prétendent hypocritement sauver sécurité et protection sociales en en éloignant toujours plus l’horizon pour le plus grand nombre ?
Le rôle de la FSU et la nécessité d’unité
Ce dossier ne se veut évidemment pas exhaustif. Il rappelle l’originalité de la FSU dans le complexe tableau français, et donne à voir les forces comme les failles du syndicalisme de l’éducation. Il rend compte également du dialogue, chaque jour plus nécessaire, entre une FSU et une CGT soucieuses de construire ensemble, et d’abord avec leurs militant·es et leurs adhérent·es, un outil commun, une maison commune, condition nécessaire et non suffisante d’une meilleure efficacité syndicale au service du monde du travail.