Géopolitique

En 2026, poursuivre la lutte pour la paix, le progrès social et les services publics.

Enjeux 297 · 22 janvier 2026 · Syndicalisme

De l'opération américaine au Venezuela à la bataille budgétaire en France : en 2026, poursuivre la lutte pour la paix et les services publics.

Alors que 2026 débutait à peine, Donald Trump et les États-Unis d’Amérique ont perpétré un nouveau crime contre le droit international en déclenchant une opération militaire qui a conduit à des bombardements et à l’enlèvement du Président en exercice du Venezuela et de sa femme. Ce n’est certes pas la première fois que le président américain remet en cause le droit international, mais cette fois-ci un nouveau cap est franchi avec cette intervention directe et l’annonce que les États-Unis vont désormais diriger le pays et attribuer les champs pétroliers à des sociétés américaines. Il s’agit clairement d’une entreprise de colonisation et ce n’est pas un hasard si, en Amérique du Sud, les dirigeants d’extrême-droite apportent leur soutien inconditionnel à l’opération états-unienne, à l’image de Milei, tandis que les pays dirigés par la gauche tels que le Brésil la condamnent fermement. Même si on est sans illusion sur la dérive autoritaire de Nicolás Maduro, rien ne justifie cette action et le fait que les États Unis considèrent l’Amérique du Sud comme leur arrière cour. Dans ce contexte, on ne peut qu’être sidéré par le communiqué d’Emmanuel Macron n’évoquant même pas l’opération illégale américaine et faisant comme si le peuple vénézuélien avait choisi son avenir. Ce raid américain ne fait qu’ajouter aux désordres du monde et n’est pas sans rappeler l’invasion de l’Irak en 2003 au prétexte tout aussi fumeux : hier les armes de destruction massive, aujourd’hui le « narco-terrorisme ». En agissant ainsi, ce sont tous les principes du droit international qui s’effondrent et les conséquences sur d’autres parties du monde sont incalculables. En effet, quel autre signal envoie-t-il partout dans le monde où des dirigeants ne jurent que par la force pour imposer leur hégémonie dans certaines régions du monde, tels que la Russie en Ukraine ou Israël en Palestine, si ce n’est que désormais la loi du plus fort et la prédation sont des options permises et que l’impérialisme et le colonialisme signent leur grand retour ? Le camp de la paix doit se mobiliser, à l’échelle nationale et internationale pour enrayer l’escalade guerrière partout dans le monde, redonner corps et sens au respect du droit international et aux principes fondateurs de la charte des Nations Unies. Le gouvernement français et le président de la République ne peuvent pas reprendre aveuglément les éléments de propagande américains. Sans amoindrir la gravité de la situation internationale, celle-ci ne doit pas occulter l’actualité politique et sociale en France. Aucun budget n’ayant été adopté, la bataille peut donc continuer début 2026 contre l’austérité et ses conséquences, en particulier sur les services publics. En ayant recours une nouvelle fois à une loi spéciale, le gouvernement tente de mettre la pression et de dramatiser les conséquences de l’absence de budget. Ainsi, il tente de faire passer l’austérité pour une nécessité et ne manquera sûrement pas de prétendre à l’absence d’alternative possible. La question qui se pose aujourd’hui au mouvement social est : comment profiter de ce nouveau temps pour construire les mobilisations nécessaires pour imposer d’autres choix budgétaires. Les déclarations du premier ministre prétendant laisser au parlement le soin de construire la loi de finances permettent surtout au gouvernement d’avancer masqué et de rendre peu palpables et donc peu concrètes les conséquences des choix budgétaires, tout en lui permettant de ne pas les assumer directement. On a vu les difficultés au mois de décembre à pouvoir construire des mobilisations sectorielles en opposition aux conséquences du projet de loi de finances. Cependant, cette situation devrait nous permettre de mobiliser non pas en opposition à des mesures, mais en partant de notre conception des services publics et plus largement de l’État social. Ce temps supplémentaire pourrait permettre à la FSU, avec d’autres, de mobiliser avec une campagne décrivant l’état des services publics ainsi que les moyens nécessaires et les financements possibles pour leur fonctionnement. Une telle campagne passerait bien entendu par une ou des journées d’action s’appuyant sur les revendications syndicales.

Enfin, l’année 2026 s’annonce cruciale dans la lutte contre l’extrême droite. Face à cette menace, les candidatures issues des forces progressistes ont une responsabilité historique. Nous devons travailler à mettre en avant nos revendications, faire de la question sociale une priorité et agir pour que nos revendications soient prises en compte. Cela permettra de démontrer l’imposture du Rassemblement National et de lutter contre les idées d’extrême droite. Paix, justice et progrès social devront être au cœur de nos combats.

Rachel Schneider, Emmanuel Mercier, Valérie Poyet et Thierry Quétu


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