Contre la brutalité et la prédation, la justice et le droit qui protègent
Guerre contre l'Iran, engrenage militaire et dérive autoritaire : exiger le respect du droit international et refuser la loi du plus fort.
L’Espagne, dont le premier ministre a exigé « une désescalade immédiate » dès le déclenchement des bombardements étasuniens et israéliens sur l’Iran, est bien isolée en Europe à s’arcbouter sur la volonté de voir le droit international s’imposer. Et on envie les citoyen·nes espagnol·es de s’être choisi un gouvernement capable de refuser aux États-Unis, au moins un temps, l’utilisation de ses bases militaires…
Particulièrement après les probables 30 000 morts de la répression en Iran, personne ne pleure la mort de Khamenei. « Tous les Iraniens voudraient que le régime des mollahs tombe, mais libérer le pays ne veut pas dire le détruire », nous rappellent les iranien·nes réfugié·es en France. D’autant que dans le cadre des négociations engagées, l’Iran venait d’accepter de se défaire de son stock d’uranium enrichi… Rien ne justifiait donc la volte-face de Trump, et le bombardement de la population civile iranienne, rien ne justifie non plus l’attaque d’Israël contre le Liban, sinon des visées impérialistes et l’indifférence totale au sort des populations du monde. On savait bien que le « conseil de la paix » de Trump n’était qu’une farce destinée à en finir avec les instances de régulation internationales s’appuyant sur le droit international. Trump avait sans doute comme objectif de politique intérieure de faire passer au second plan l’inflation, la désapprobation grandissante des actions de l’ICE et l’affaire Epstein, avec une « opération éclair » comme pour le Venezuela en janvier… On peut au moins espérer que l’opinion américaine ne le suive pas très longtemps : aux États-Unis, l’opinion publique peut faire arrêter les guerres impérialistes.
Pendant ce temps, un communiqué commun de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne précise que les trois pays se tiennent prêts à des « actions défensives nécessaires et proportionnées » dans l’optique de « détruire à la source » la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones.
Le porte-avions Charles-de-Gaulle navigue en plein conflit, sans aucun débat ni vote préalable à l’Assemblée nationale. Nous sommes maintenant partie prenante de cette guerre… Chaque jour apporte son lot de nouvelles angoissantes, et personne ne sait, à l’heure où ces lignes sont écrites, quels développements peuvent survenir.
C’est bien cet engrenage qu’il nous faut refuser fermement. Au-delà de la stupeur de nous retrouver comme au spectacle d’actes de destruction par des puissances qui n’admettent aucune limite, nous devons continuer à exiger le respect d’un droit international dont la première boussole est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Nous devons continuer à exiger la paix et la justice. Nous devons lutter contre les partisans de la loi du plus fort, là où nous vivons, travaillons et nous organisons.
Cette lutte inlassable passe par des clarifications idéologiques : ainsi notre lutte contre l’extrême-droite nous fait refuser catégoriquement une symétrisation extrême-droite / extrême-gauche inacceptable et dangereuse, quoi qu’on pense des militant·es visé·es par ces anathèmes. Nous ne faciliterons pas l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir en participant à la confusion recherchée par ses porte-voix toujours plus nombreux. Et nous ne boudons aucune victoire, aussi modeste soit-elle : ainsi compte dans la période le fait d’avoir empêché le collectif identitaire d’extrème droite Némésis de s’infiltrer dans nos cortèges du 8 mars. Sans découragement, nous continuerons à nous opposer pied à pied aux chantres de la brutalité et de la prédation, pour porter la nécessité de la justice et du droit qui protègent et qui rendent possible la vie en société.
Pour Unité et action, à la veille des municipales et plusieurs mois avant les présidentielles, l’heure n’est pas à baisser les bras.
Rachel Schneider, Emmanuel Mercier, Valérie Poyet et Thierry Quétu
Le 10/03/2026