Sécurité publique : quelles politiques dans une France démocratique ?
Présentation du dossier : penser la sécurité publique sans renoncer aux libertés, du regard des agent·es aux pistes pour une police républicaine.

Le mouvement ouvrier, dont la FSU est l’une des héritières, n’a jamais été à l’aise avec les forces de police et le concept même de sécurité. Cela remonte aux temps héroïques de sa naissance, au 19e siècle, lorsque les premiers courageux et courageuses militant·es, en lutte pour arracher de maigres droits, se heurtaient physiquement aux forces, moins de défense de l’intérêt général que de l’ordre capitaliste et bourgeois. Cet héritage anarcho syndicaliste, si présent à la naissance de la CGT, n’a pas disparu. Il demeure bien présent, jusque dans des slogans psalmodiés dans les cortèges d’avant les manifestations : « Police partout ! Justice nulle part ! », peut-on encore fréquemment entendre par de jeunes ou moins jeunes manifestant·es. D’autant qu’avec l’éloignement de la mort de Malik Oussékine, tué par des policiers en 1986, le souci par les préfets de gérer les manifestations avec prudence s’est largement transformé, et quelle que soit la couleur politique du gouvernement, en obsession du contrôle de la rue, y compris par des moyens violents, comme les Gilets jaunes, entre autres, ont pu en faire la cuisante expérience. Pour autant, garantir à chaque habitant et habitante la possibilité de se promener en paix, de jouir de ses biens, à l’abri de la prédation et de la violence, est un droit inviolable et « sacré », prévu par la déclaration de 1789. Et si les plus fortunés peuvent s’en remettre à des milices privées, la masse de la population ne peut que s’en remettre au professionnalisme des forces de police, ainsi qu’à celui des agent·es des fonctions publiques d’État ou territoriales qui gèrent le suivi de la délinquance, notamment le travail de réinsertion. C’est pourquoi, sans prétendre en explorer tous les versants, Enjeux a souhaité contribuer à la réflexion sur la sécurité publique : quelle situation aujourd’hui ? Quel regard des fonctionnaires que la FSU regroupe ? Quelles pistes pour protéger tant la sécurité que les libertés publiques ?