Education

Enseignements professionnel et technologique : former pour émanciper

Enjeux 299 · 22 mai 2026

Présentation du dossier : les voies professionnelle et technologique ne sont pas l'antichambre du patronat mais un levier d'émancipation.

Les élèves et étudiant·es des voies technologiques ou professionnelles sont rarement sous les feux des projecteurs médiatiques. Sauf lorsque la presse libérale reprend rituellement les lamentations d’un certain grand patronat et de ses relais politiques, à l’extrême droite, à droite, voire à gauche, sur un système scolaire qui serait incapable de répondre aux besoins de l’Entreprise, entité mystérieuse et jamais vraiment définie - et pour cause - en termes de main d’oeuvre qualifiée et immédiatement employable. Ce dossier donne à nouveau l’occasion à des enseignant·es, par ailleurs responsables de syndicats nationaux de la FSU, mais aussi des historien·nes et sociologues de ce monde si peu connu, de faire litière de cette fable. L’École en général, les voies technologiques ou professionnelles en particulier, n’ont jamais eu dans leur riche histoire vocation à servir d’antichambre de France Travail, de bureaux de recrutement pour le patronat. Représentant une part considérable du système éducatif public, en nombre d’élèves, d’étudiant·es, de professeur·es et de personnels des équipes pédagogiques, elles ont largement participé de la hausse significative, quoique toujours insuffisante, des niveaux de qualification en France, avec notamment la création du bac professionnel. Instrument de démocratisation de l’accès aux qualifications, elles n’en restent pas moins, et peut-être d’ailleurs pour cette raison, les cibles des politiques gouvernementales conservatrices, plus soucieuses de se plier aux desiderata à courte vue des capitalistes, que de promouvoir une forme de réussite par le travail scolaire et la maîtrise de métiers pour une jeunesse très largement issue des milieux populaires. Le dossier revient ainsi sur les attaques multiples qui fragilisent ces voies : manque de sections, de professeur·es, accent pavlovien sur l’apprentissage ou la formation continue privée, sources de profits pour des officines trop peu contrôlées, attaques contre la notion même de diplôme, découpé en multiples blocs de compétences, tendance à rendre chaque salarié·e, dès son plus jeune âge, responsable de sa formation tout au long d’une carrière professionnelle toujours plus incertaine, et donc de son échec éventuel. Là encore l’État a tendance à fuir ses responsabilités en termes de recherche de l’intérêt général. Ce dossier se propose d’aborder une nouvelle fois cette question et d’ébaucher des pistes d’amélioration, au service de l’essentiel : l’émancipation de chaque élève et étudiant·e.


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