Education

Formations supérieures en lycée : l'effet Parcoursup

Enjeux 299 · 11 mai 2026

Claire Guéville : comment Parcoursup met public et privé sur le même plan et organise une concurrence biaisée entre établissements.

L’effet Parcoursup

Avec la loi orientation et réussite des étudiants (loi ORE) , Parcoursup affiche les formations privées sur le même plan que le public, et organise la concurrence entre les établissements sur la base de critères largement biaisés. La plateforme est aussi fondée sur le principe de non-hiérarchisation a priori des vœux des candidat·es et provoque la mise en attente de centaines de milliers de lycéen·nes, au nom de la règle du « dernier mot à l’étudiant·e » que la ministre Vidal, en son temps, brandissait comme la réponse à tous les maux pour couper court aux critiques. Ces mécanismes ont profondément déstabilisé le recrutement dans les filières sélectives des lycées, car ils imposaient implicitement une logique de « surbooking ». Il a mécaniquement vidé de ses étudiant·es beaucoup de formations de BTS, notamment industrielles, et des classes préparatoires, surtout celles dites de proximité. Dans le même temps, depuis 2019, l’augmentation de la part du privé a été portée par celle de l’apprentissage, soutenu par un important financement public.

Des CPGE publiques qui demeurent attractives

Après quelques années chaotiques, il n’y a jamais eu autant d’étudiant·es en Classes préparatoires aux grandes écoles, puisqu’ils dépassent cette année les 87 000 pour la première fois (note SIES février 2026). Cette hausse concerne particulièrement les CPGE publiques qui continuent de progresser avec 84,7% des effectifs globaux, alors que les CPGE privées perdent des étudiant·es. Les classes préparatoires scientifiques représentent toujours près des 2/3 des effectifs de CPGE. Cependant, l’effectif global des étudiantes et la diversification de l’origine sociale marquent le pas dans un contexte où les inégalités sociales et genrées se creusent avec la nouvelle organisation du lycée général.

Des BTS publics en danger

En 2026, on peut dénombrer ainsi 3 230 formations privées sous statut étudiant dont 1 371 (43,7%) sont des BTS. Il y a aussi 7 668 formations privées par apprentissage dont 6413, soit 84%, sont des BTS. En 10 ans, le nombre d’étudiant·es apprenti·es a été multiplié par 4 dans le privé contre 2 dans le public. Malgré des effectifs partout en baisse, les BTS constituent une cible de choix pour toutes les officines privées qui en font un produit d’appel au milieu de formations « maison » très coûteuses.

Le ministère de l’enseignement supérieur peut toujours arguer de sa volonté de réguler le marché et de mettre en place des moyens de contrôle, la plateforme entretient la promotion de formations contestables et contestées. L’arrêté du 19 février réglant la procédure de déréférencement après un contrôle pointant des dysfonctionnements, ne donne visiblement pas grand-chose… On découvre cette année le nouveau référencement d’établissements du groupe Galileo dont les pratiques ont pourtant été dénoncées dans le livre de Claire Marchal, Le Cube, Flammarion, 2025.

Claire Guéville

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