Pour un syndicalisme « de métiers »
Pour UA, défendre les métiers n'a rien de corporatiste : c'est refuser la mise en concurrence des agent·es orchestrée par la hiérarchie.

Unité et Action inscrit l’action de la FSU dans un syndicalisme de métiers.
Qu’est-ce que cela signifie ?
Pour nous, la défense des métiers n’a rien d’une approche corporative, au sens d’une défense étroite des conditions de travail ou de rémunération de salarié⋅es constamment placé⋅es en situation de concurrence les un⋅es avec les autres ou en fonction de leurs situations particulière dans l’organisation du service, de l’établissement, de l’entreprise, etc. Cette concurrence est encouragée et même souhaitée, érigée en méthode parfois, par l’autorité hiérarchique, de l’État, de la collectivité ou du patronat pour mieux diviser et dominer. Dès lors, penser le syndicalisme de métiers ou plus précisément le syndicalisme ancré dans les métiers, les professions, les missions réalisées par les personnels, est en soi le premier acte de résistance collective à cette stratégie de division. C’est aussi la manière de donner toute la puissance revendicative au sens des métiers, des missions exercées au service de l’intérêt général, c’est revendiquer avec une légitimation sociale de l’expression des personnels, mais aussi des attentes des usager·ères.
Notre syndicalisme part donc du quotidien professionnel des agent·es et des salarié·es.
Il combat en permanence pour gagner, maintenir, favoriser ou rétablir le contrôle des personnels sur leur propre travail, par exemple sur les contenus et des pratiques pédagogiques pour les enseignant⋅es, des pratiques professionnelles en général pour l’ensemble des corps et cadres d’emplois, dont Unité et Action proclame l’égale dignité.
Les syndicats de la FSU sont majoritairement issus d’une histoire qui a construit une syndicalisation par champs professionnels, regroupant plusieurs catégories d’agent·es dans une structure syndicale qui a une cohérence de métiers. Mais au final, à la question « quelles catégories, quels métiers, quels champs professionnels regroupe-t-on dans le même syndicat ? », ce sont toujours les personnels qui ont validé les choix : par exemple, à la création du SNUIPP, le fait de structurer un syndicat autour des personnels enseignants du 1er degré a rencontré l’adhésion de la profession, de même que le SNEP correspond à une forte identité des métiers de l’éducation physique et sportive, ou encore que le SNASUB, le SNESUP et le SNCS collent aux réalités professionnelles de l’enseignement supérieur. Il n’y a donc pas théorisation de la structuration syndicale « idéale », des syndicats comme la FSU territoriale par exemple organisent les collègues dans un seul syndicat « généraliste », tout en ayant cette pratique syndicale très FSU d’ancrage dans les réalités professionnelles.
Dans la Fonction publique, du point de vue d’Unité et Action, la reconnaissance et la prise en compte des métiers, par les rémunérations, carrières, conditions de travail, mobilités bien sûr, mais également par la culture et l’identité professionnelles, peut permettre aux agent·es d’accomplir efficacement leurs missions de service public, dans l’objectif de l’intérêt général.
C’est pourquoi Unité et Action est tant attachée à la notion de recrutement des fonctionnaires par concours, afin de garantir tant l’indépendance des futur⋅es agent·es vis-à-vis de tous les groupes de pression politiques, économiques voire religieux, que leurs qualifications, qui permettent de remplir les missions en toute responsabilité. Unité et Action est donc attachée à la résorption de la précarité et opposée à la progression de la contractualisation comme mode de recrutement, désormais courante.
C’est pourquoi également Unité et Action est attachée à l’existence et à l’amélioration constante du statut général des fonctionnaires et des statuts particuliers qui en découlent, acquis de la Libération et parachevé en 1983-1984 et 1986, comme autant de garanties pour les agent⋅es, qu’il s’agisse du recrutement, des mutations ou des carrières, et notamment de l’exigence d’atteindre rapidement enfin égalité professionnelle, face aux risques grandissants de retour aux pratiques autoritaires, arbitraires.
C’est bien pourquoi enfin, Unité et Action n’acceptera jamais le démembrement du droit de participation des personnels par l’intermédiaire de leurs représentant⋅es syndicaux élu⋅es à la gestion de leurs carrières dans les commissions administratives paritaires.
Pour faire aboutir les revendications, Unité et Action plaide inlassablement pour le rassemblement le plus large possible, en activité comme en retraite, dans des mobilisations à vocation majoritaire, sans jamais opposer entre eux les métiers, comme les personnels.
Aurélie Gagnier, Polo Lemonnier, Bruno Lévéder, Benoît Teste