UA contre l'extrême droite
Pourquoi le combat contre l'extrême droite est un enjeu syndical de premier plan pour la FSU et la tendance Unité et Action.

La montée en puissance des extrêmes droites dans le monde et, plus particulièrement, en France est un vrai sujet de lutte syndicale pour la FSU et ce pour plusieurs raisons.
Tout d’abord parce que les idées de l’extrême droite, et son projet réactionnaire, autoritaire et xénophobe sont profondément incompatibles avec les valeurs et pratiques du syndicalisme de transformation sociale que nous défendons. Les mesures prises contre les droits des femmes, des personnes LGBTQIA+ et les immigré·es dans l’Amérique trumpienne ou bien les premières mesures prises dans les mairies d’extrême droite pour restreindre les libertés publiques et instaurer la préférence nationale comme à Liévin l’ont amplement démontré, nous ne sommes pas dupes. Et l’extrême droite le sait bien ! Ainsi, les organisations syndicales sont bien souvent identifiées comme faisant partie des principaux opposants de l’extrême droite comme lors des attaques à l’encontre des responsables de la CGIL en Italie ou avec les mesures pour tenter de chasser les organisations syndicales de leurs locaux à Carcassonne.
Mais ce n’est pas la seule raison. En tant que fédération syndicale de la Fonction publique et des services publics, la FSU voit bien à quel point l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite ferait peser des menaces sur les personnels qu’elle représente et sur leurs droits. En effet, dans les mairies d’extrême droite, les représentant·es es des organisations syndicales font partie des premières cibles et les attaques visant à mettre au pas les personnels se multiplient, aboutissant parfois à des procédures disciplinaires, comme à Hénin-Beaumont où le maire Steeve Briois a prononcé l’exclusion, à titre d’exemple, de deux représentants du personnel municipal, contre l’avis de la commission disciplinaire.
Au-delà des droits des personnels, c’est aussi sur le cœur des métiers des fonctionnaires que pèsent les menaces. Que deviendrait le métier d’inspecteur ou inspectrice du travail sous un pouvoir d’extrême droite, relais d’une politique de préférence nationale, chargé·e d’identifier les travailleurs et travailleuses clandestin·es, non pour condamner éventuellement leur employeur / employeuse, mais pour les chasser du territoire ? Que dire des fonctions de directeur et directrice d’école quand le maire de Béziers Robert Ménard, alors que c’est illégal, avouait tenir des statistiques, sur des critères ethnico-religieux, sur les enfants qui fréquentent les écoles de sa commune ? Quel enseignement des questions socialement vives dans nos établissements ? Quels choix politiques menés sur le financement de la recherche ? Et les questions sont encore nombreuses…
Les études menées sur l’électorat d’extrême droite montrent que les raisons de la montée du vote d’extrême droite sont multiples : colère sociale orientée vers des solutions racistes, recul, voire disparition, des services publics et fermeture des lieux de socialisation, sentiment d’abandon ou peur du déclassement. En ce sens, le syndicalisme est certainement l’acteur du mouvement social qui a le plus de prises. Tout d’abord par l’importance de ses adhérent·es et de sa couverture géographique, sans comparaison avec les autres organisations du mouvement social, qu’elles soient politiques ou associatives. Mais aussi par sa capacité à canaliser les colères légitimes sur les questions sociales en refusant toute solution simpliste visant à désigner des boucs émissaires, et en organisant des luttes pour peser sur les choix politiques et améliorer concrètement les conditions de travail et de rémunération de nos collègues. Enfin, de par notre audience sur les lieux de travail, nous sommes à même de former nos équipes militantes et de lutter pied à pied pour faire reculer les idées d’extrême droite, le sexisme, le racisme, les LGBTIphobies…
Ainsi, pour Unité et Action, la lutte contre les idées d’extrême droite passe par un réel travail de terrain pour identifier les attaques et soutenir les personnels, convaincre sur la nécessaire transformation de la société mais aussi en parlant des questions de métiers et en mobilisant les collègues sur des aspects qui touchent à leur quotidien. Loin de s’en tenir à de simples slogans ou à des appels aux politiques sans lendemain, il nous faut mener tous les aspects du syndicalisme de transformation sociale : lutter pour développer les services publics et mener les luttes pour gagner sur les salaires et les conditions de travail sans jamais lâcher face au racisme ou au sexisme. Face aux enjeux de la période actuelle, la double besogne syndicale est plus que nécessaire !
Élise Arnol (secteur Droits et Libertés de la FSU-SNUipp), François Jandaud (SD FSU69), Stéphane Tassel (SNESusp, SN FSU)


