Géopolitique

Plus que jamais, porter l'intérêt général

Enjeux 301 · 23 septembre 2026 · Syndicalisme

Catastrophes climatiques, drame au Népal, aggravation à Gaza et en Cisjordanie : porter plus que jamais l'intérêt général et le droit.

Malgré les catastrophes de l’été liées au dérèglement climatique, les milliers de personnes mortes et disparues au Népal rappellent que ce sont bien les pays les moins responsables des émissions de GES qui en subissent les plus lourdes conséquences. En Palestine, la situation s’est encore dégradée, avec la poursuite de massacres, en Cisjordanie et à Gaza. Des appels au meurtre du ministre Ben Gvir à l’encouragement aux exactions envers les palestien·nes, le gouvernement et l’armée israélienne vont encore plus loin dans la négation du droit international. Cette surenchère, qui n’épargne pas les enfants, se poursuivra au moins jusqu’aux législatives israéliennes d’octobre. Les gouvernements français et européens doivent décider des sanctions nécessaires pour stopper gouvernement et colons responsables de crimes. En Iran, le conflit évolue au rythme des changements de position et de stratégie des États-Unis, dont la dernière folie est de s’approprier le détroit d’Ormuz. Provoqué par les États-Unis et Israël, ce conflit a des répercussions économiques et sociales partout dans le monde. Pendant ce temps l’Ukraine subit des bombardements russes de plus en plus meurtriers. En Europe cet été, la droite et l’extrême droite ont utilisé le désespoir de milliers de Marocain·es qui tentaient de rejoindre l’Espagne dans l’enclave de Ceuta pour dénoncer une « invasion migratoire » et accuser l’Espagne d’avoir favorisé cette situation en régularisant des sans-papiers. Plutôt que d’affirmer sa solidarité avec l’Espagne, le gouvernement français a quant à lui emboîté le pas du RN en annonçant déployer des forces de police à la frontière franco-espagnole, alors que la crise se déroulait de l’autre côté de la Méditerranée. Pendant ce temps en France, plusieurs projets ou propositions de lois ont été adoptés reprenant les thèses de l’extrême droite, parmi eux la loi sur la présomption de légitime défense, la loi d’urgence agricole ou encore la loi RIPOST. Elles participent à la remise en cause de principes et valeurs morales fondamentales mais aussi de connaissances scientifiques. L’été caniculaire que nous venons de connaître semble cependant accélérer une prise de conscience des conséquences du changement climatique, au point que même l’extrême droite affirme n’avoir jamais nié dérèglement et danger. Et ce sont bien les services publics qui ont été en première ligne : services d’incendie et de secours, mais aussi collectivités locales, services de l’État, services hospitaliers, tous soumis à un état de tension considérable. Les conséquences des choix politiques opérés par le gouvernement et par les députés du bloc central à l’extrême droite, s’agissant des moyens financiers, matériels ou humain, ont éclaté au grand jour. Outre l’adaptation, c’est bien de transformation écologique dont il faut parler. Et pour cela, les services publics sont incontournables : seul le service public pourra garantir l’intérêt général contre les intérêts particuliers. Obstinément, le gouvernement refuse de prendre la mesure de la situation. Le premier ministre envisage non seulement une nouvelle cure d’austérité pour 2027, mais entend imposer 125 milliards d’euros d’économies budgétaires d’ici à 2032, soit 25 milliards par an. S’il renonce finalement à doubler les franchises médicales, l’austérité concernera avant tout les plus fragiles et les malades. Les retraité·es sont également dans le collimateur avec un gel des pensions annoncé. La FSU, pleinement engagée pour réussir la journée du 29 septembre, sait bien que c’est la mise en mouvement des agent·es, et plus largement de tou·tes les salarié·es, qui peut peser dans le débat budgétaire, et représenter le meilleur apport à la préparation des présidentielles du printemps 2027. Alors même que les candidat·es jouent à « qui dit mieux » au sujet des salaires des enseignant·es, la FSU continue à porter les priorités sociales, économiques et écologiques, dans les mobilisations comme dans la préparation des élections professionnelles. Dans cette période ou la démocratie est fragilisée, ces élections professionnelles représentent un enjeu fondamental, qui justifie que nous nous y engagions pleinement. La FSU, avec tout ce qu’elle porte, pèsera d’autant plus dans les échéances politiques que nous aurons réussi à démontrer, à l’occasion des élections professionnelles de décembre, que les agent·es exigent de véritables ruptures en matière de politique salariale, de conditions de travail et de services publics.

Rachel Schneider, Emmanuel Mercier, Valérie Poyet et Thierry Quétu


À lire aussi dans ce numéro (Enjeux 301)