Gard : L'extrême droite en embuscade, entretien avec Emmanuel Bois (FSU)

Entretien avec Emmanuel Bois
Secrétaire de la SD FSU du Gard
Il n’est presque plus de semaine où la violence physique de nervis de l’extrême droite se déchaîne, ici contre des immigré·es ou personnes vues comme telles, souvent non européennes ou assimilées à la religion musulmane, là des homosexuel·les, ou des femmes et des hommes de gauche, militants, sympathisant·es politiques et/ou syndicalistes. Les années 30 seraient elles de retour ? Partout la FSU est au premier rang de la riposte antifasciste et travaille aux alternatives sociales pour assécher l’extrême droite qui se nourrit de la désespérance sociale engendrée par trop d’années de politiques libérales. Emmanuel Bois, secrétaire départemental de la FSU du Gard (30), a bien voulu répondre aux question d’Enjeux
Alès : une agression inquiétante
Enjeux-UA : Peux tu nous préciser ce qui s’est passé à Alès ?
Emmanuel BOIS : Les évènements, graves, se sont déroulés dans la nuit du 30 mai dernier, pendant la Feria de l’Ascension. Une douzaine d’individus se revendiquant du « Bloc montpelliérain », un mouvement nationaliste qui recrute essentiellement des jeunes sur une base viriliste et identitaire, ont agressé des clients qui se trouvaient au bar le Prolétaire, par ailleurs siège de la section locale du Parti communiste et dont le président a été un militant très estimé de la FSU-Snuipp jusqu’en 2023. Coups de pieds, de poing américain, gaz lacrymogènes… l’identification a été simple puisqu’ils ont apposé des autocollants ce qui a d’ailleurs provoqué l’échauffourée, au cours de laquelle une vingtaine de personnes ont été blessées. Ce « bloc » avait déjà agressé un syndicaliste à Montpellier l’an dernier.

Réaction et perspectives
Enjeux-UA : Quelle a été la réaction de la gauche et du mouvement syndical ?

Les frontières sont poreuses entre RN et droite locale même si beaucoup d’élu·es refusent de s’incliner devant l’extrême droite, et Nîmes par exemple résiste. Fait qui semble en progression : les milieux étudiants et lycéens, qui sont en grande majorité dépolitisés, sont victimes d’une flambée des mouvements de jeunesse proche de l’extrême droite, parfois accompagnée de violences physiques. Le SNES et la FSU-SNUIPP 30 ont d’ailleurs participé récemment à la création d’un collectif VISA 30 qui regroupe pour l’instant des syndicats de personnels de l’éducation. Seul un travail de fond, la création d’alternatives politiques et sociales, l’unité également, permettront de redonner confiance en la gauche et à faire baisser l’influence du RN.
Propos recueillis par Matthieu Leiritz